.
.
.
Le plein d'ordinaire - Ses univers sont familiers, le ton est direct. Mais son grand talent, c'est le sens du détail qui tue.
La poignée de main ferme, le regard franc, Bénabar s'est vu propulsé sur le devant de la scène par un second album (disque d'or) et des titres beaucoup entendus l'an passé (Y a une fille qu'habite chez moi, Bon Anniversaire, Vélo). Ce trentenaire au look d'étudiant sage vient de sortir son troisième opus, Les Risques du métier.
« Comment je vis le succès ? Plutôt bien, merci. J'ai changé de copains, j'ai plaqué ma meuf, je suis maqué avec une gamine de 19 ans, mannequin complètement conne mais super belle. Et puis maintenant que j'ai du blé, je vote à droite. Hormis ces petits détails, je suis resté le même... Non, sérieusement ça n'a pas changé grand-chose. On n'est pas obligé d'être chanteur pour aller en boîte, prendre de la coke et plier sa voiture sur la Côte d'Azur. C'est un choix de vie. Moi, j'aime plutôt les choses simples. »
Il est vrai que le répertoire bénabarien ne brille pas par ses délires ou ses envolées lyriques. Ici, on est dans la vraie vie des vraies gens, celle des pères de famille en Monospace, des départs à la retraite, des obsédés du fitness ou des dimanches au zoo de Vincennes. Un petit monde urbain et familier, des tranches de vie, des personnages qu'il scrute et qu'il croque avec autant de férocité que de tendresse. Et surtout beaucoup d'humour. On sourit souvent à l'évocation d'un détail ou d'une situation que tout le monde a vécus un jour ou l'autre. Qui n'a pas, comme les protagonistes de L'Itinéraire entassés dans une voiture, tourné des heures à la recherche d'une fête ?
Précise et visuelle, l'écriture de Bénabar doit sans doute beaucoup à sa première passion, le cinéma. Fils de régisseur, Bruno Nicolin est tombé dedans quand il était petit. Scénariste (dans une autre vie, il a déjà réalisé trois courts métrages), il est venu à la chanson un peu par hasard. La faute à un copain qui... Mais c'est une autre histoire.
«J'accorde beaucoup d'attention à la structure des chansons. Au rythme, aux enchaînements, à l'ordre des couplets, à quel moment on fait passer telle ou telle information. Au cinéma, on gamberge tout le temps là-dessus, on se pose des tas de questions du genre : "Quand le personnage ouvre la porte, le spectateur sait-il déjà que l'assassin est derrière ?" Quand j'écris des chansons, j'ai toujours ça en tête. C'est un peu comme faire une maquette de modèle réduit, c'est un travail minutieux. On colle tout plein de petits éléments ensemble, et, à la fin, il faut que ça roule. »
Précise et visuelle, l'écriture de Bénabar doit sans doute beaucoup à sa première passion, le cinéma. Fils de régisseur, Bruno Nicolin est tombé dedans quand il était petit. Scénariste (dans une autre vie, il a déjà réalisé trois courts métrages), il est venu à la chanson un peu par hasard. La faute à un copain qui... Mais c'est une autre histoire.
«J'accorde beaucoup d'attention à la structure des chansons. Au rythme, aux enchaînements, à l'ordre des couplets, à quel moment on fait passer telle ou telle information. Au cinéma, on gamberge tout le temps là-dessus, on se pose des tas de questions du genre : "Quand le personnage ouvre la porte, le spectateur sait-il déjà que l'assassin est derrière ?" Quand j'écris des chansons, j'ai toujours ça en tête. C'est un peu comme faire une maquette de modèle réduit, c'est un travail minutieux. On colle tout plein de petits éléments ensemble, et, à la fin, il faut que ça roule. »
Méthodique et organisé, l'élève Bénabar n'est pas qu'un simple mécano. Si la facture très classique de ses chansons évoque furieusement la patte des grands aînés, de Brel à Renaud, le garçon témoigne d'une justesse de ton et d'une sensibilité qui ne doivent rien à personne. Ecoutez donc Je suis de celles, on a rarement si bien décrit le désarroi ou les petitesses du sexe dit fort.



